Friday, October 25, 2013

Montage # 128 – Back to Bach – Vokalwerke



As of November 22, 2013, this montage will no longer be available on Pod-O-Matic. It can be heard or downloaded from the Internet Archive at the following address / A compter du 22 novembre 2013, ce montage ne sera plus disponible en baladodiffusion Pod-O-Matic. Il peut être téléchargé ou entendu au site Internet Archive à l'adresse suivante:

https://archive.org/details/Pcast128



pcast128- Playlist

===================================================================== English Commentary – le commentaire français suit

To conclude our four-pack of “Back to Bach” montages, we turn to a significant portion of the Bach catalog – his vocal works.

Although this may sound quite simplistic, we can divide the bulk of Bach’s vocal works into two great categories: sacred and secular works. Though Bach didn’t compose operas, he did compensate by writing cantatas that can be staged, as well as writing a number of monumental sacred works – the four passions come immediately to mind here.

Two of the works programmed today are secular cantatas (his BWV 211 and 212), and bring you a recording featuring Jeanne Lamon and Toronto’s Tafelmusik “cover to cover”. Tafelmusik, Canada’s award-winning period instrument orchestra, was founded in 1979 and has long been renowned in North America and internationally for its distinct, exhilarating and soulful performances.  Under the outstanding leadership of Music Director Jeanne Lamon, it has excelled equally in music ranging from the baroque and classical eras and beyond, including adventurous cross-cultural reinventions of baroque classics.  In the words of Gramophone, Tafelmusik is “one of the world’s top baroque orchestras.”

Although classified as a cantata, Schweigt stille, plaudert nicht (in English - Be still, stop chattering) is essentially a miniature comic opera. It amusingly tells of an addiction to coffee. It should be noted that Bach regularly directed a musical ensemble based at Zimmermann's coffee house called a Collegium Musicum – an institution founded by Georg Philipp Telemann in 1702.

The cantata text/libretto (written by Christian Friedrich Henrici, known as Picander), suggests that some people in eighteenth-century Germany viewed coffee drinking as a bad habit. The cantata's libretto features lines like "If I can't drink my bowl of coffee three times daily, then in my torment, I will shrivel up like a piece of roast goat"—a sentiment that would likely have been appreciated by the patrons of Zimmermann's Coffee House.

Mer hahn en neue Oberkeet (In English - We have a new governor) was originally  entitled the "Cantate burlesque" (burlesque cantata) by Bach himself, but is now popularly known as the Peasant Cantata. This cantata's text (also by Picander) was written for performance on 30 August 1742 on the 36th birthday of Carl Heinrich von Dieskau, Saxon-Crown-Princely Kammerherr to the Rittergut Kleinzschocher. Part of the birthday celebrations included a huge fireworks display and, as was customary, Dieskau took homage from the peasants on the same occasion. It is thought that Picander asked Bach to set his poetry to music. In the cantata, an unnamed farmer laughs with the farmer's wife Mieke about the tax collector's machinations while praising the economy of Dieskau's wife, ending by especially cheering on Dieskau. In places it uses the dialect of Upper Saxony.

Separating the two cantatas is a single sacred work by Bach, performed in a chamber (yet not necessarily HIP) setting by the Academy of St-Martin-in-the-Fields under Sir Neville Marriner, augmented by a full choir and soloists.

The Magnificat (In English - My soul proclaims the greatness of the Lord), also known as the Song of Mary or the Canticle of Mary is one of the eight most ancient Christian hymns and perhaps the earliest Marian hymn. Its name comes from the first word of the Latin version of the canticle's text.

The text of the canticle is taken directly from the Gospel of Luke (Luke 1:46-55) where it is spoken by the Virgin Mary upon the occasion of her Visitation to her cousin Elizabeth. In the narrative, after Mary greets Elizabeth, who is pregnant with the future John the Baptist, the child moves within Elizabeth's womb. When Elizabeth praises Mary for her faith, Mary sings what is now known as the Magnificat in response.

Bach sets the latin text to music for the Christmas vespers of 1723 (originally in E-flat major [BWV 243a]), and in this “second” version, in D Major (For the Feast of the Visitation 1733). He also set the German words in his cantata for Visitation of 1724, Meine Seel erhebt den Herren, BWV 10.

I think you will love this music too.

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Commentaire français

Le dernier volet de notre thématique « Back to Bach » considère trois œuvres vocales de Jean-Sébastien Bach. Je vous propose aujourd’hui deux cantates profanes et un cantique sacré. Les cantates sont tirées d’un CD de l’ensemble canadien d’ instruments d’époque Tafelmusik.

Tafelmusik, fondé en 1979 s’associe avec sa directrice musicale et violon-solo Jeanne Lamon en 1981. Depuis son arrivée, Tafelmusik s’est acquis une notoriété internationale pour ses concerts et ses enregistrements. Tafelmusik a fait paraître quelque 70 CD et s’est mérité de nombreuses récompenses internationales pour ses enregistrements, dont neuf prix Juno.

La Cantate du café et la Cantate des paysans nous laissent entrevoir un aspect trop souvent oublié du caractère de J.S. Bach: ce grand génie de la musique baroque avait un sens de l'humour bien aiguisé… et un penchant pour le café et la bière!

La Cantate du café fut composée vers 1734 sur un texte du poète leipzigois Christian Friedrich Henrici (Picander). Le goût du café avait récemment pris l'Allemagne d'assaut et les cafés de Leipzig étaient alors particulièrement à la mode. Le Café Zimmermann de cette ville accueillait le Collegium Musicum, une association de musiciens et d'étudiants universitaires fondée par Telemann en 1702. J.S. Bach en assuma la direction en 1729, six ans après son arrivée à Leipzig. Des concerts étaient présentés hebdomadairement au Café: en hiver les vendredis de 20 heures à 22 heures, et en été, dans les jardins, les mercredis de 16 heures à 18 heures.

Cette cantate enjouée a été composée pour le Collegium. Son texte se moque à la fois des jeunes entichés du café et de la "vieille garde" rigide qui ne voit que du mal au nouveau breuvage. L'histoire en est toute simple: Lieschen (Lisette), une jeune fille de la ville, est tombée follement amoureuse du café; elle est prête à tout sacrifier pour ses "trois tasses quotidiennes". Son père, Schlendrian — un nom qui pourrait se traduire par "Vieux Barbon" —, est tout aussi déterminé à préserver sa fille de cette odieuse boisson. La capricieuse Lieschen est accompagnée par une flûte langoureuse tandis que le père têtu est accompagné par une basse obstinée. Lieschen ne change d'avis que lorsque son père la menace de lui interdire son mariage.

La Cantate des paysans fut composée sur une commande de Carl Heinrich von Dieskau, surintendant des impôts du district de Leipzig. En août 1742, une cérémonie fut organisée sur son domaine à Klein-Zschocher, près de Leipzig. Il venait de toucher un gros héritage et ses métayers furent invités à se joindre aux réjouissances et à offrir leurs traditionnels témoignages de respect. Dieskau demanda à Bach de composer une cantate pour la circonstance. Picander contribua de nouveau le texte, écrit cette fois dans un dialecte haut-saxon plutôt truculent.

J.S. Bach répondit à ce texte de manière idoine en composant une musique qui reflète à la fois le dialecte et le sujet. Il qualifia cette œuvre de "cantate burlesque" et incorpora des mélodies folkloriques allemandes et polonaises dans l'agreste sinfonia d'ouverture ainsi que dans quelques airs. Les dialogues entre le soprano et la basse offrent aussi à Bach l'occasion de se rire des dernières tendances en musique: d'une part la simplicité et le caractère direct, et d'autre part les maniérismes élaborés.

Le Magnificat désigne le cantique chanté par la Vierge Marie après l'Annonciation, lors de la visite qu'elle rend à sa cousine Élisabeth âgée et enceinte (épisode couramment appelé la Visitation). Également appelé Cantique de Marie, ce chant est tiré de l'Évangile selon Luc I,46 - 56). Inspiré du cantique d'Anne, la mère du prophète Samuel, il souligne le lien profond entre l'Espérance et la Foi chez le croyant (tant juif que chrétien).

Le Magnificat en ré majeur BWV 243 a été écrit pour la fête de la Visitation de la Vierge Marie le 2 juillet 1733 pour chœur à cinq voix et orchestre. Il s'agit de l'une des rares pièces musicales du compositeur reposant sur un texte en latin, l'autre exemple le plus célèbre étant sa Messe en si mineur.
Le Magnificat en ré est la réécriture d'un premier Magnificat, écrit en mi bémol majeur (et numéroté BWV 243a), sans doute pour le 2 juillet 1723, sans interpolations, mais composé vraisemblablement pour le service de Noël de 1724, et comprenant quatre chœurs interpolés (laudes), en allemand et en latin.

Utilisée dans la cantate BWV 10 Meine Seel erhebt den Herren (Deutsches Magnificat), écrite pour la Fête de la Visitation du 2 juillet 1724, la mélodie est utilisée comme cantus firmus par le hautbois solo, dans le n°10 Suscepit Israel.

Le Magnificat BWV 243, transposé en ré majeur pour un meilleur éclat des trompettes, ne comprend que le texte original du Cantique de Marie, auquel s'ajoute, conformément à la tradition, la doxologie « Gloria… sicut erat in principio », suivi d'une reprise partielle du Magnificat initial.


Bonne écoute!