Tuesday, January 8, 2013

Il Tabarro (Puccini)



NDLR: Le billet d’aujourd’hui est le premier d’une nouvelle série de billets mensuels sous une nouvelle rubrique « l’opéra du mois » dans lesquels j’offiriai réflexions et commentaiores sur un opéra. Souvent, comme c’est le cas aujourd’hui, ce billet serea une reprise d’un billet publié en anglais sur le forum OperaLively dans ma série Once or Twice a Fortnight.


Afin de lancer cette nouvelle série «en douceur », je propose de considérer les trois opéras en un acte qui composent Il Trittico ( trad. Lit. le triptyqie) de Giacomo Puccini, mis en sène pour la première fois au Metropolitan Opera de New York le 14 décembre1918.

A propos d'Il Trittico

Puccini est, bien entendu, est l’héritier opératique de Giuseppe Verdi, un comnpositeur incontournable dans les genres Bel Canto et Verismo de la fin du XIXe et du début du Xxe siècle. Le succès incontestable de CAV et PAG (qui furent tous deux le sujet de réflexions dans nos pages l’été dernier) amènent Puccini à considérer la création d’opéras dans la même veine (i.e., des opéras essentiellements en un acte, avec des rebondissements insoupçonnées et souvent tragiques). Originalement, Puccini pensa de composer ces opéras autour de  la Comédie Divine de Dante, mais se ravisa, optant plutôt pour un concept thématique s’inspirant des grands peintres, créant trois toiles qui illustrent à leur façon trois visions de la nature humaine, toutes trois des explorations de la tromperie, de la déception et de la mort.

Ainsi donc, hormis la musique néo-romantique de Puccini, le thème de la tromperie est le fil qui unit ces trois tableaux. Dans Gianni Schicchi, le protagoniste principal s’engage dans une arnaque désopoilante. Dans Suor Angelica, c’est le désaveu d’une fille par sa famille et dans Il Tabarro (l’opéra d’aujourd’hui), c’est la tromperie classique chez un couple. Tant qu’à la mort, elle sera bien sûr au rendez-vous, lors du dénouement de deux des trois tableaux, tandis que la mort sert de prétexte pour le troisième.

A propos d’Il Tabarro


Il Tabarro (trad. Lit. La houppelande ou la cape) est le premier des trois opéras du triptyque de Puccini, et est sans doute celui qui se rapproche le plus de CAV et PAG par son dénouement tragique et son ultime rebondissement. Le livret s’inspire de la pièce du même nom du dramaturge Didier Gold et suggère une scène contemporaiune (vers 1910) sur les rives de la Seine à Paris.

Michele et Giorgetta sont un couple qui traverse une dure épreuve. Il y a un an, ils ont perdu leur unique enfant, et le désarroi s’est pleinement installé chez ce couple. Le couple n’arrive pas à composer avec le deuil, et Michele se limite à opérer sa péniche sur la Seine. Giorgetta, tant qu’à elle, a trouvé confort dans les bras d un des débardeuurs, Luigi. Le choix des timbres vocaux (la basse-baryton pour Michele, et la soprano pour Giorgetta) soulignent une différence – physique ou en termes d’âge – entre les époux qui a sans doute un rôle à jouer dans la dynamique du couple.

La table est donc mise pour notre récit, qui inmanquablement viendra à révéler la liaison illégitime entre Luigi et Giorgetta, et atteindra son apothéose avec l’inévitable meurtre de l’amant aux mains de l'époux désavoué.
Par moments, le deuil et l’amour fragile des époux est l’objet de duos, et Michele rappelle avec tendresse comment sa petite famille pouvait se blottir sous sa houppelande. Dans un moment digne du verismo, ce souvenir alimente l’ultime scène dramatique de l’opéra, où Giorgetta découvre avec horreur le crime commis par Michele, avec un rebondissement qui glace les chanteurs et les auditeurs.

Soyez donc avertis : il ne s’agîît pas d’une histoire où tout est bien qui finit bien, mais le rideau tombe sur un récit pathétique, sans l’espoir d’une rédemption.

La Performance d’aujourd’hui

Notre perrformnace d’Il Tabarro vient de YouTube, où vous trouverez plusieurs extraits et au moins deux versions intégrales de l’opéra. Celle que j’ai retenue est une version de concert, sous la direction de Riccardo Chailly.

Giacomo PUCCINI (1858-1924)
Il tabarro (La houppelande)
Opéra en un acte, livret italien de Giuseppe Adami, d'après La houppelande de Didier Gold.
Premier des trois opéras foirmant Il Trittico (1918)

ROLES PRINCIPAUX

Michele - Juan Pons
Luigi - Jose Cura
Giorgetta - Stephanie Friede

Koninklijk Concertgebouworkest sous Riccardo Chailly