Tuesday, August 30, 2011

La chronique du disque (août 2011)

A compter d’aujourd’hui, je vais émettre un billet mensuellement qui relatera mes achats et acquisitions du mois qui s’achève. Ceci n’est pas une «critique du disque», mais plutôt un billet d’informations : qu’est-ce que j’ai trouvé, où l’ai-je trouvé, et qu’est-ce que j’en pense. Des informations qui peuvent piquer votre curiosité et (peut-être) vous amener à considérer les pièces ou même les prestations que je propose, afin de les ajouter à votre collection.
Parce qu’il se doit, je vais assigner une «note» (une lettre entre A et D) pour ces achats – en fait, deux notes, comme on le fait au patinage artistique. Une note sera attribuée à la qualité sonore (QS), et une autre pour l’impression globale (IG). Voici un barème :
  • Pour la qualité sonore: mon point de référence est mon iPod avec écouteurs de type bouton. J’écoute mon iPod au travail et dans l’autobus, donc avec un certain niveau de bruit de fond. Une «bonne» note est assignée si la prise de son est bonne, la musique est claire et exempte de bruits de surface, et généralement permet une audition claire de la prestation sans dérangement.
  • Pour l’impression globale: il s’agît-là d’une note subjective, entièrement basée sur la performance dans le contexte d’auditions comparables. Une «bonne» note requiert une prestation convaincante, pleine de virtuosité, représentative de l’ère et des traditions qui accompagnent la pièce.
Mes sélections pour le mois d’août

Rafael Kubelik, BPO - Schumann - The Four Symphonies, Overtures - Torrent
Dans ma collection vinyle, j’ai une prestation de cette série (le couplage de la 1ere et 4ieme symphonies de Schumann), et c’est en cherchant pour une copie numérique que j’ai trouvé cette intégrale.
Les symphonies de Schumann, en tant qu’opus complet, ne sont pas sans leurs problèmes. Si la 1ere et 3ieme symphonies sont bien établies dans le répertoire symphonique traditionnel, on ne peut pas en dire autant pour les 2ieme et 4ieme symphonies. Le manque de continuité pose un problème en termes de vision globale, et une intégrale comme celle-ci n’aura du succès que dans la mesure qu’on peut livrer une prestation convaincante de la 2ieme. M. Kubelik remporte son pari avec brio, secondé élégamment par la Philharmonique de Berlin. Les ouvertures offertes en «complément» sont agréables à écouter. Il s’agît ici d’une réédition de prestations vieilles de près de 50 ans, mais le remodelage numérique est excellent, quoiqu’il s’agît d’une prise de son d’époque (même pour DG). A- pour la QS. A pour l’IG.
RACHMANINOV: Symphonies Nos. 1-3 - achat en ligne eMusic
Un autre ensemble de symphonies à problèmes : celles de Rachmaninoff. La première de sa 1ere symphonie a traumatisé le compositeur au point qu’il dût avoir recours à une hypnothérapie pour regagner son aplomb, et fournir les joyaux du répertoire pour piano et orchestre qu’on connaît aujourd’hui.
Je possède un nombre de prestations de ces symphonies, mais quand j’ai trouvé cet enregistrement par Slatkin et l’Orchestre Symphonique de St-Louis, j’ai pensé le télécharger, compte tenu d’autres disques de ce chef dans ma collection. Généralement, je suis plutôt favorable quant au résultat, même si j’ai mes réserves concernant le manque de fougue dans l’approche du chef pour la 2ieme symphonie. Je dois admettre, par contre, qu’une approche plus délicate permet d’apprécier des nuances dans le scherzo  qui m’ont échappées jusqu’à maintenant. Autre réédition et refonte numérique, datant de la fin des années 1970. A- pour la QS, A- pour l’IG.

BEETHOVEN, L. van: Piano Concerto No. 2/Piano Concerto in E flat major, WoO 4/Rondo in B flat major – achat en ligne eMusic
En juillet, je me suis procuré un extrait de la série des œuvres pour piano et orchestre de Beethoven par Ronald Brautigam – c’était sa prestation de la version « piano » du concerto pour violon (op. 61a). J’ai opté pour un deuxième achat, cette fois des concerti dits «0 et 2» de Beethoven – en fait les deux premiers composés par l’Autrichien.
Dès le départ, j’ai des réserves concernant une approche dite d’ «époque» pour Beethoven. J’ai des copies dans ma collection du 2ieme concerto (Perahia et Lupu), et j’ai un penchant favorable pour un orchestre musclé. Toutefois, je dois reconnaître que le jeu de M. Brautigam et clair, l’accompagnement de M. Parrot est soigné, et le résultat est très valable.
La pièce qui m’a amené à cet achat est le concerto WoO 4, que M. Brautigam lui-même a adapté pour cet enregistrement. Le concerto, composé par un Beethoven de 14 ans, est modeste dans ses proportions, et sonne plutôt comme un concerto de Mozart. La pièce qui complète le disque (le rondo WoO 6) est une version rejetée de la finale du 2ie concerto, et M. Beethoven à bien choisi en laissant celui-ci de côté. Une curiosité musicale, sans plus. La prise de son est excellente. A pour la QS, B+ pour l’IG (réflexion de mon préjugé défavorable pour le Beethoven d’époque).


RODRIGO: Concierto serenata / Concierto de Aranjuez (Complete Orchestral Works, Vol. 9) – Achat en ligne eMusic
Malgré la grande quantité de musique composée par Rodrigo, son Concierto de Aranjuez est probablement son œuvre la plus célèbre. Je savais que M. Rodrigo avait donné son accord à une prestation pour harpe de ce concerto, et j’en ai trouvé une, jumelée avec d’autres œuvres du compositeur expressément composées pour l’instrument.
Comme c’est le cas pour le concerto K. 314 de Mozart (qui se joue aussi bien par un hautbois ou une flûte solio), ce concerto est convainquant pour une harpe-solo. Les autres pièces qui font partie du disque sont plaisantes à écouter (ajoutant ici que la harpe est tout de même un instrument qui mérite d’être écouté avec modération selon moi…). La soliste, Gwyneth Wentink est en grande forme et l’orchestre Espagnol qui l’accompagne est bien en place pour ce répertoire. La prise de son est claire. A pour la QS, A pour l’IG.

MOZART / WEBER: Clarinet Quintets – achat en ligne eMusic
En furetant le site eMusic, j’ai trouvé cet enregistrement que j’ai emprunté à ma bibliothèque locale il y a quelques années, mettant en vedette le clarinettiste Canadien James Campbell et un des nombreux alignements du quatuor Orford. Le couplage des quintettes de Mozart et Weber pour clarinette est très usité, et ces prestations sont celles de musiciens de métier, sans être stupéfiantes en soi. Le jeu de M. Campbell est, comme toujours, détendu et raffiné, et le quatuor est bien en place. Ma grosse réserve est avec la prise de son; un récital intime devrait être rendu sur disque avec clarté, et permettre de distinguer les instruments clairement dans leurs interventions. On fait face ici à une prise de son bien ordinaire, la routine pour une émission de radio. B pour la QS, A- pour l’IG..