Tuesday, April 17, 2012

Mes intégrales Beethoven - Concerti pour piano

SI vous vous souvenez, en août dernier, j'ai lancé le projet Beethoven avec un survol des intégrales de symphonies dans ma collection. Aujourd'hui, un peu la même chose, mais cette fois axé sur les concerti pour piano.


Deux cycles complets

Je possède deux intégrales des concerti pour piano de Beethoven et les deux ont fait l'objet de montages du projet. Le premier cycle met en vedette le pianiste Roumain Radu Lupu avec la Philharmonique d'Israel sous Zubin Mehta.




Cette collection, originalement émise vers la fin des années 70 donc au début de l'ère numérique, est quelque peu éclipsée lorqu'on discute de ce genre de choses, mais l'ensemble est solide, le jeu de Lupu est tout à fait comparable à celui des grands pianistes Soviétiques (Richter, Gilels), trahissant l'iinfluence de la formation Russe du pianiste. L'orchestre est excellent, parfois même surpassé par le soliste - ça va soi. Voici le premier concerto de cette colection:






Vous trouverez également le quatrième concerto dans mon montage Beethoven serein..

Mon deuxième cycle est celui du pianiste Murray Perahia, accompagné par l'orchestre du Comncertgebouw d'Amsterdam sous Bernard Haitink.




J'avais de bons souvenirs de M. Perahia dans l'intégrale des concerti de Mozart endisquée comme chef et soliste avec l'English Chamber Orchestra. Coincidence, Radu Lupu a participé à cette intégrale comme deuxième pianiste dans deux de ces prestations. A mon avis, le quatrième concerto de cette intégrale Beethoven offre sa meilleure performance, et le premier concerto fut primé en octobre dernier durant mon obsession numéro un. Comme pour Lupu, j'ai téléchargé un concerto (le deuxième) sur YouTube, mais l'usage de la vidéo est restreint pour des raisons de droits d'auteur. Il n'est par disponible au Canbada, mais peut-être par chez vous...  Le voici, le cas échéant...

Ni l'un ni l'autre de ces cycles n'oiffre la fantaisie chorale, quoique les cycles émis à pareille date par les pianistes Alicia Delarrocha (Chailly/RSO Berlin/LONDON) et Anton Kuerti (Davis/Toronto SO/CBC) l'offrent en complément. Voici la version Kuerti::

 

Les autres concerti dans ma collection

Voici un survol des autres prestations dans ma collectiom, à commencer par ma version fétiche du concerto Emprereur par Rudolf Serkin et la Philharmonique de New-York sous Leonard Bernstein. Cette version, maintes fois réémise, a un son stéréo d'époque. Ensuite, de la collection CBC maintes fois discutée dans ces pages, je possède les concerti 1, 2 et 3 par Glenn Gould avec les orchestres de Toronto et de la CBC dans des diffusions datant des années 50, avec le mouvement WoO 6 (le finale mis de côté par Beethoven de son second concerto). Le troisième concerto fut primé lors de notre Pianothon du mois de janvier, et je vous offre ici le deuxième:





J'ai d'autres versions du troisième concerto: Sviatoslav Richter (Philharmonia Orchestra, Riccardo Muti) et une prestation en concert de Daniel Barenboim (Montreal SO, Charles Dutoit). Et il y a aussi la fantaisie chorale primée dans mon montage de l'académie de concert du 22 décembre 1808Clifford Curzon, London Philharmonc, Bernard Haitink.

Dans ma première Chronique du disque j'ai souligné l'achat de disques du cycle BIS de Ronald Brautigam (au pianoforte, Norrköping Symphony Orchestra/Andrew Parrott), dont un disque présente le concerto no. 2 et le concerto de jeunesse, et un autre contient la version pour piano du concerto pour violon (op. 61a).

Faites l'écoute de ces prestations, et partagez vos cycles!

Friday, April 13, 2012

Montage #51 - Brahms, Szell & Serkin


As of May 18, 2012, this montage will no longer be available on Pod-O-Matic. It can be heard or downloaded from the Internet Archive at the following address / A compter du 18 mai 2012, ce montage ne sera plus disponible en baladodiffusion Pod-O-Matic. Il peut être téléchargé ou entendu au site Internet Archive à l'adresse suivante:


http://archive.org/details/BrahmsSzellAndSerkin


pcast051 Playlist

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English Commentary – le commentaire français suit


For the second of our four Brahms Concertos, we focus on Brahms’ great second piano concerto, and will also look into the relationship (and complicity) that exists between the performers I chose for this week’s rendition.

There is only one degree of separation between composer Johannes Brahms, conductor George Szell and pianist Rudolf Serkin, and that degree of separation is provided by Richard Robert

Robert knew Brahms personally, and became President of the Vienna Tonkünstler-Verein. He had studied at the Vienna Conservatory, but did not teach there; he gave courses at the NeuesWiener Konservatorium, founded in 1909, of which he was briefly director. Robert's pupils include Clara Haskill, Theo Buchwald, Hans Gál, Alfred Rosé, as well as… Rudolf Serkin and George Szell. Szell and Serkin became lifelong friends and musical collaborators.

It is often forgotten that Szell trained as a pianist and composer – studying composition with Eusebius Mandyczewski (a personal friend of Brahms), and with Max Reger. He was a very capable pianist and, in fact, would at time give soloists pointers and instructions on the piano parts of concertos during rehearsals… He has also left us with a number of chamber collaborations as a pianist. During his near-25 year tenure in Cleveland, Szell completed a Brahms symphony cycle, and the Haydn Variations I chose today were part of this early stereo set.

Collaborations with Serkin were not limited to Brahms (they did record both concertos with the Cleveland Orchestra for Columbia/CBS), but also on many Mozart and Beethoven concerti with the Cleveland and other orchestras. Serkin has collaborated with other conductors, including Leonard Bernstein and Eugene Ormandy on some notable Beethoven concerto recordings.

In addition to the concertos, Serkin recorded a lot of Brahms’ solo piano music, as well as some chamber works with Adolf Busch and Mstislav Rostropovich among others.

The Works

I’m on the fence when it comes to which setting of Brahms’ variations on a theme by Haydn I prefer: I like bioth the two-piano and the orchestra version almost equally, I must say. The sixteen-or-so minute piece shows Brahms in his imaginative best, setting variations on the St-Anthony chorale in so many different ways.

The second piano concerto is a contemporary piece to the second symphony and the violin concerto, and exhibits (as the other two do) the sense of absolute relief Brahms felt after the 22-year gestation of his First Symphony. The piece is in four movements – and oddly enough the third movement gives a strong voice to another solo instrument – the cello – in a way similar to Tchaikovsky giving a solo voice to the violin in the slow movement of his second concerto… In my mind, it is the quintessential romantic concerto of the german school, matched oinly by Rachmaninoff’s third both in length and technical difficulty.

The four keyboard pieces op. 119 are a late set of pieces, reminiscent of the early rhapsodies and ballads. Not being a pianist muyself, I cannot comment on their level of difficulty, but they give me the impression of being deceptively atmospheric…

I think you will love this music too...

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Commentaire français


Pour le deuxième volet de notre série sur les concerti de Brahms, nous tournons notre attention vers le deuxième concerto pour piano et une amitié assortie de coincidences...

Ainsi donc, les deux artistes primés dans le montage d'aujourd'hui, MM. Serkin et Szell on un lien tangible avec notre compositeur, et ce lien est le pédagogue Richard Robert.

Robert, jadis président de la Tonkünstler-Verein de Vienne a connu Brahms personellement,. Quoique formé au concervatoire de Vienne, il enseigna plutôt au NeuesWiener Konservatorium, fondé en 1909, et duquel il fut le directeur. Parmi ses élèves on compte Clara HaskillTheo BuchwaldHans GálAlfred Rosé, en plus de ... Rudolf Serkin et George Szell. 

On semble oublier que Szell était lui-même un excellent pianiste, en plus d'avoir étudié la composition avec l'ami de Brahms Eusebius Mandyczewski ainsi qu'avec Max Reger. Il y a un bon nombre d'anecdotes de Szell qui "éduqua" les jeunes solistes qu'il a accompagné du podium, parfois sans trop de subtilité. De sa collaboration de plus de 25 ans avec le Cleveland Orchestra, on retient un cycle Brahms fort mémorable, en plus de la paire de concerti pour piano enregistrés avec son bon ami Serkin. Ils enregistreront d'autres concerti: Mozart, Beethoven...

Serkin a enregistré plusieurs des titres pour piano seul de Brahms, en plus d'agir comme accompagnnateur dans les sonates pour violon (avec Adolf Busch) et pour violoncelle (avec Mstislav Rostropovich).

Le programme

Difficile choix - quelle version choisir des variations sur un thème de Haydn: la version pour deux pianos ou celle pour orchestre... Je les aime toutes deux également.Des versions pour orchestre dee ma collection, celle signée par Szell est ma préférée, suivie de près par une étonnante version par Sir Adrian Boult.

Le deuxième concerto pour piano est, avec le troisième de Rachmaninov, une pièce d'une opulence et d'une difficulté inouïe. Ce concerto, avec celui pour violon et la deuxième symphonie, proviennent d'une période où les notes coulent à flot pour Brahms., après la gestation prolongée de sa première symphonie. J'aime beaucoup l'usage du violoncelle dans le troisième mouvementé

Les quatre pièces qui forment l'op. 119 sont de la production tardive du compositeur, mais rappellent des oeuvres de jeunesse (rhapsodies et ballades). Atmosphériques mais sans doute requiérant un doigté tel celui de M. Serkin.

Bonne écoute!






Tuesday, April 10, 2012

Glenn Gould, réalisateur



Après six semaines d’orgue et Carême, un retour à ce que j’appellerais une programmation normale, et les deux prochainsmardis en musique seront dédiés à nos deux séries, le projet Beethoven (la semaone prochaine) et l’année anniversaire de Glenn Gould.

Plutôt que d’offrir une réflexion illustrée sur Gould au piano, j’ai pensé me concentrer cette semaine sur un aspect tout aussi fascinant de notre Glenn national, et c’est son rôle de réalisateur pour la Société Radio-Canada et son volet canadien-anglais, la CBC.


Si vous vous promenez dans la partie Sud du centre-ville de Toronto, à deux pas de la tour du CN, de la Gare Uniion et des berges du lac Ontario, le long de la rue Front, vous pourriez vous reposer sur le banc ci-haut, en compagnie d’une statue de bronze de notre cher Glenn, vêtu comme toujours de son manteau, de son chapeau et de ses gants, recriquevillé comme ce fut son habitude – je l’ai fait moi-même plus d’une fois lorsque de passage dans la Ville Reine.

Ce banc assorti du bronze (oeuvre de Ruth Abernethy) se trouvent devant l’entrée pribcipale de la Maison de la CBC à Toronto (en anglais, CBC Braodcast Centre), qui compte également un studio-amphithéâtre qui porte son nom. Ces hommages représentent un clin d’œil envers un artiste qui fut étroitement associé au Réseau d’État, ayant fait ses débuts surses ondes la veille de Noël 1950, participé aux premières émissions du service de télévision d’état en 1952, et participé à concerrts et entrevues durant le volet international de sa carrière (1955-64).

Lorsque Gould mit fin à ses prestations publiques en 1964, il se tourna exclusivement au studio, et entreprit non seulement une carrière de pianiste sur disque, mais prit de plus en plus le contrôle technique de ses enregistrements, et entreprit iune série de documentaires en tant que présentateur et réalisateur poiur la radio d’état. Comme ce fut son habitude au piano, Gould travaillait suivant un horaire plutôt nocturne, comme en témoigne Michel Garneau dans un document sonore:


La trilogie de la solitude

Parmi les documentaires produits par Gould, un ensemble de trois sont particulièrement célèbres. Ces émissions, produittes en 1967, 1969 et 1977respectivement  ont en commun le thème de la solitudeet du «retrait». On peut même dire qu’il s’agît ici d’explorations semi-autobiographoiques, Gould étant lui-même un homme qui vivait une existance quiasi-hermite.

Du trio, le premier docimentaire The Idea of North (ern français,l’idéal du Nord) fut recréé comme un court-métrage en co-production canado-américaine quelques années plus tard. L’essentiel du documentaire explore des points de vue  contrastants sur la vie et la soilitude associée au Grand Nord. Voici l’intégrale du documentaire dans sa version originale:



Les deux autres docimentaires The Latecomers (en français, les nouveaux arrivants) et The Quiet of the North (en français, le silence du Nord) explorent deux autres communautés isolées, celle de Terre-Neuve et la communauté des Mennonites du Manitoba (ceux-ci isolés par choix et par culture plutôt que par distance). Ces autres documentaires sont disponibles sur la chaîne YouTube de nonnaderachel (Hyperlien en fin de billet).

Les Musiciens

Gould a également produit des émissions sur des sujets musicaux. Par exemple, suite à un long séjour en auto où il fut contraint d’écouter les chaînes de musique populaire, il réalisa un essai radiophonique sur la chanteuse Petula Clark. Il rendit également hommage au violocelliste Pablo Casals et, mon choix, le chef Leopold Stokowski:



Glenn Gould et la ville de Toronto

Un de ses derniers projets documentaires, et un de ses rares court-métrages, fut une co-production internationale de diffuseurs. Le projet multinational Cities (en français, villes) compte une contribution canadienne intitulée Glenn Gould’s Toronto dans lequel notre artiste est par moments guide touristique, raconteur et philosophe. Toujours pince-sans-rire mais généralement sérueux, Gould jette un regard tantôt nostalgique mais toujours flatteur sur sa ville natale.




Autres ressources

Pour compléter ce billet, je vous rapelle le site commémoratif de la CBC, qui compte un bon nombre de prestations, conversations, publicités et autres documents sur Gould:

Et un chapeau mérité à la chaîne YouTube de notre camarade:

Friday, April 6, 2012

Montage # 50 - This Day in Music History / Ephéméride musical 06-04-1962


As of May 13, 2012, this montage will no longer be available on Pod-O-Matic. It can be heard or downloaded from the Internet Archive at the following address / A compter du 13 mai 2012, ce montage ne sera plus disponible en baladodiffusion Pod-O-Matic. Il peut être téléchargé ou entendu au site Internet Archive à l'adresse suivante:

http://archive.org/details/ThisDayInMusicHistory-6April1962




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English Commentary – le commentaire français suit




For this our 50th montage, we will go back exactly 50 years, to the fateful evening of April 6, 1962.

The Place: Carnegie Hall, New-York
The event: a regular subscription concert of the New-York Philharmonic, under its Music Director Leonard Bernstein.

The 1962 season has a very special significance in the history of the Philharmonic – it is the last year it will hold its subscription series at Carnegie Hall, as it will move to Lincoln Center for the following season. Although we are late in the season, the concert holds nothing particular.

Or so it seemed.

The concert plan was typical. The first half was dedicated to Danish composer Carl Nielsen, and the overture (Maskarade) was o be conducted by one of Bernstein’s assistants, John Canarina. The main piece of the first half was to be Nielsen’s Symphony no. 5, an important work in the composer’s catalogue.

As or the second half of the concert, well, this is where things get complicated.

The program called for a performance of Brahmsfirst piano concerto, and the soloist was a longtime collaborator, Glenn Gould. For the record, Gould had played this very same concerto before at least once, with the Winnipeg Symphony Orchestra in the late 1950’s. Canadian conductor Victor Feldbrill has some warm memories of his collaboration with Gould, and we have here a YouTube clip of that performance. Gould plays Brahms “straight”, and the performance is very solid.

As the story goes, several days before beginning rehearsals, Gould called Bernstein regarding some discoveries he had made while studying the score. Gould wanted to attack the concerto at a much slower tempo, and it follows that conductor and soloist didn’t see eye-to-eye when it coimes to their overall conception of the piece.

As Bernstein would pose during his now infamous impromptu commentary that night, who indeed is in charge when you perform a concerto? The soloist, or the conductor? As the name (and tradition) suggests, a concerto is a struggle, a work which places equal value to the solo instrument and to the orchestra. In this tug-o-war, who gets the upper hand?

There are no “blow for blow” accounts of the rehearsals for the Brahms D Minor concerto, but it is clear that a combination of disagreement and the tempermental nature of the solo artist, one who is notorious for simply refusing to perform if he doesn’t feel like it meant that Maestro Bernstein had to quickly develop a “Plan B”.

“Plan B” would involve replacing the concerto with another work Bernstein and the orchestra were working on for a later concert, Brahms' First Symphony. This reminds me of the famous scene in Citizen Kane where the outcome of Kane’s Gubernatorial election is unclear, and the New York Inquirer has two “Front Pages”: one reads “Kane Elected” and the other  one reads “Fraud at Polls”. And the Editor has to make the call as to which front page headline he will run with…


As the musicians emerged from intermission, there was a Gould sighting, and the conductor knew that he had to perform the scheduled work. So, on that night at least, the soloist would get the upper hand, but certainly not before Bernstein would “prepare the audience” with his impromptu speech (which is added as part of the montage).

Mr Gould and the orchestra require a shade over 53 minutes to make it through hthe concerto (Vs. 45 minutes in the Feldbrill recording). It should be noted that Gould and Bernstein would perform the concerto a few days later, at which time Mr. Gould consented to give the orchestra “more leeway” and allow Mr. Bernstein to conduct at a brisker pace…

The performance is thgere for you to listen to and judge: did Mr. Gould win his bet – is his conception of the piece indeed an improvement over the more “straight” approach? This, I leave for you to decide. The warm applause at the end of the performance suggest that most of the audience appreciated what they heard, and Mr. Gould is said to have thoroughly enjoyed the proceedings, especially the fact that he had provoked some booing from the audience; he held that some controversy was better than quiet complacence with the performance.


I think you will love this music too.


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Commentaire français

N’ayez crainte, M. Gould est parmi nous. Il sera des nôtres dans un moment.


Comme vous le savez, ce n’est pas mon habitude d’offrir un commentaire lors de nos concerts […]. Toutefois, nous faisons face ici à une situation particulière qui mérite que j’ajoute un petit mot.

Vous allez entendre sous peu une prestation, si vous me permettez, quelque peu non-orthodoxe du concerto en ré mineur de Brahms, une prestation clairement différente de celles que j’ai entendues, ou meme revé d’entendre. Avec ses tempi excessifs et ses departs frequents des indications du compositeur, je dois admettre que je ne suis pas tout à fait d’accord avec ce que M. Gould propose. Ceci soulève la question, pourquoi alors diriger ce concerto?

Je le dirige parce que M. Gould est une artiste à ce point valide et sérieux que je ne peux qu’accepter son approche de bonne foi, et sa conception est à ce point intéressante que je crois qu’elle mérite votre audition.

La question fondamentale reste toutefois: qui est le patron dans un concerto – le soliste, ou le chef? La réponse est, simplement, parfois l’un, parfois l’autre. Plus souvent qu’autrement, les partis en arrivent à un consensus, que ce soit par nécessité ou par discussion. Je n’ai, de mémoire, eu à faire face à untel dilemme qu’une seule fois en carrière, et si je ne m’abuse, ce fut lors d’une autre collaboration avec M. Gould!

Mais cette fois-ci, le fosse qui nous sépare est si large, que je me suis senti oblige d’offrir cet avertissement. Alors, sans vouloir radoter, alors pourquoi diriger ce concerto moi-même quand j’aurais pu demander à un de mes assistants de le faire, ou même trouver un remplaçant? Parce que je suis fasciné par le processus, et que j’aime l’idée d’attaquer différemment une pièce dont l’execution reste largement parmi les sentiers battus. De plus, il y a des moments où M. Gould révèle des passages d’une fraîcheur et d’une conviction étonnantes. Et, bien sûr, parce que j’ai ici l’occasion d’apprendre quelque chose de nouveau de la part d’un artiste qui pense constamment, ce que Mitropoulos appelle "l’élément sportif", un facteur de curiosité et d’aventure et, croyez-moi, ce fut toute une aventure! C’est dans cet esprit que je vous invite à absorber la performance qui suit.


- Leonard Bernstein, le 6 avril 1962



C'est avec cette introduction que Leonard Bernstein, directeur artisitque de la Philharmonique de New-York, introduit son soliste de la soirée Glenn Gould dans une prrestation du premier concerto pour piano de Johannes Brahms.

En prévision du concert, M. Gould entra en contact avec son collaborateur de longue date, afin de l'informer qu'il avait revu la partition du concerto en détail, et avait fait des "découvertes" qu'il comptait exploiter lors de leur concert. Il n'existe aucun compte-rendu détaillé des répétitions, mais elles dûrent être fort ardues car M. Bernstein crut bon préparer un "Plan B" pour le concert de ce soir-là (la première symphonie du même compositeur), au cas ou le soliste de désisterait - chose que M. Gould a fait auparavant à d'autres occasions...

Toutefois, le soliste était au rendez-vous, et sait suite à cette annonce qu'il aura l'occasion d'exécuter l'oeuvre telle qu'il l'eût imaginée.

A vous de décider si M. Gould a remporté son pari.

La première moitié du programme de ce soir-là mettait en scène deux pièces du compositeur danois Carl Nielsen: l'ouverture à son opéra Maskarade, et sa cinquième symphonie.

Pour ceux que ça intéresse, je vous propose un hyperlien à une prestation plus "standard" du même concerto par M. Gould, avec l'orchestre symphonique de Winnipeg, quelques années auparavant.

Bonne écoute!