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Tuesday, December 3, 2013

Amahl and the Night Visitors (Menotti)

In English: http://www.talkclassical.com/blogs/itywltmt/440-day-music-history-24.html

L’âge d’or de la télévision

Dans un billet que j’ai publié en novembre 2011, j’ai longuement discuté du concept de «l’âge d’or de la télévision», dans le contexte canadien et montréalais. Bien sûr, les premiers balbutiements de la télé ailleurs dans la Francophonie varient tout dépendant des pays et de leur chevauchement relatif à la technologie électronique de l’époque…

Pour nous en Amérique du Nord, l’âge d’or est inexorablement reliée à l’épanouissement de la télé aux Etats-Unis – leur âge d’or (subjectivement parlant) commence autour de 1947 et se termine avec l’assassinat du Président Kennedy en 1963. Pour toutes sortes de raisons, les débuts de la télé aux USA est étroitement associée à la radio. Les liens sont multiples: les grandes sociétés électroniques (comme la RCA) opéraient les grands réseaux de chaînes de radio, et de facto prirent en main les chaînes de télé. De plus, alors que le nouveau medium se découvre, les formules de programmation populaires à la radio (les romans fleuve – ou soap operas car commandités par les fabricants de détersifs, les émissions animées par des personnalités et les évènements sportifs) deviennent les éléments qui formeront la programmation des télédiffuseurs.

La société RCA (fabricant de téléviseurs) et son réseau – la NBC – étaient également comparses dans la mise en ondes d’événements télévisuels qui encourageraient l’achat d’appareils, et ciblent la «haute classe moyenne», ces familles qui sont éduquées, et qui bénéficient de fonds supplémentaires… En bref, les dirigeants de la NBC crurent que le mariage télé-culture était fait sur mesure pour attaquer ces deux objectifs. Ainsi donc, les anthologies de programmation culturelle (typiquement diffusées le dimanche soir) sont un maillon important pour la NBC (et son rival, la CBS).

La NBC a également d’autres effectifs intéressants qu’elle peut appliquer dans cette entreprise: le NBC Symphony et son chef Arturo Toscanini viennent immédiatement à l’esprit. La NBC utilisera Toscanini non seulement pour la diffusion de concerts, mais également pour la mise en ondes d’opéras - Aida à la fin des années 1940. La NBC commanda un opéra pour la radio (The Old Maid and the Thief – La vieille fille et le voleur – 1939) d’un jeune compositeur Italo-Américain, Gian Carlo Menotti. Menotti suivit cet opéra en un acte de deux autres (The Medium et The Telephone), qui eurent leur bonne part de succès.

La table est donc mise: la NBC commande à Menotti un nouvel opéra en un acte, mais cette fois ciblant la télévision. Menotti accepte la commande en 1950, mais a du mal à trouver un sujet… Il a procrastiné, et on se retrouve maintenant à l’automne de 1951. La NBC cible la fin de l’année pour la mise en ondes de son opéra, mais il n’a pas fait beaucoup de progrès. Selon Menotti, en quête d’inspiration, il visite le Manhattan Museum of Art, et se retrouve devant un tableau du maître néerlandais Hieronymus Bosch «L’adoration des Mages», et il est soudain saisi par ses souvenirs d’enfance, et de l’histoire des Rois Mages de la Nativité.


Il entreprend donc d’écrire un opéra/conte de Noël. La NBC s’empresse d’assurer la commandite de la société de cartes de souhaits Hallmark pour cette émission, et le reste (comme on le dit en anglai) is history.

Ainsi donc, aux studios de la NBC au Rockefeller Plaza de New York, à 22 heures le 24 décembre 1951, on met en ondes en direct, une double première le premier épisode de l’anthologie «Hallmark Hall of Fame» (une anthologie qui, encore aujourd’hui 60 ans plus tard, offre une ou deux émissions annuellement) et la première de Amahl and the Night Visitors (Amahl et les visiteurs nocturnes) de Menotti.

Argument

Voici mon synopsis de cet opéra, chanté en anglais et ciblant toute la famille. Sa durée moyenne est d’une cinquantaine de minutes.

L’action se passe en Terre Sainte, autour de la naissance de Jésus-Christ. Après un court prélude musical, on retrouve le berger infirme, Amahl. Le garçon, possiblement âgé d’une dizaine d’années, joue du pipo au crépuscule devant la maison maternelle. Sa mère l’appelle à rentrer à la maison. Amahl tarde, et explique à sa mère que la nuit est belle, et que le ciel arbore une large étoile «grande comme notre fenêtre». Sa mère, incrédule et préoccupée explique à Amahl qu’ils n’ont rien à manger, et qu’ils devront se résigner à une vie de mendiants. Elle éclate en sanglots, et le petit Amahl tente de la consoler (Don’t cry, Mother Dear – Ne pleure pas, chère maman).

Dépourvus de dîner, Amahl et sa mère trouvent difficilement sommeil. Pendant ce temps, une procession approche et s’arrête devant leur maison. On frappe à la porte, et Amahl est envoyé pour répondre. Il court chercher sa mère (Mother, Mother, Mother come with me – Maman, viens avec moi). Il y a un «roi qui porte une couronne» à la porte. Incrédule, la mère gronde son fils, qui a l’habitude de raconter des histoires. On frappe de nouveau, et Amahl revient avec une nouvelle histoire «Il y a deux rois». On frappe une troisième fois «Il ya trois rois, et l’un d’entre eux est Noir». Exaspérée, la mère ouvre elle-même la porte et est confrontée aux trois Rois et leur page. Ils demandent l’hospitalité pour la nuit. Expliquant qu’elle n’a rien à manger, elle leur offre «un petit feu et un lit de paille», qu’ils acceptent volontiers.

Maman laisse Amahl avec les Rois pendant qu’elle va chercher du bois pour le feu lui rappelant «don’t be a nuisance – ne les dérange pas trop». Amahl pose plein de questions aux Rois, à propos de leur pays lointain. Il essaie d’entretenir une conversation avec le roi Gaspard (qui est dur d’oreille). Enfin, maman revient et envoie Amahl demander aux autres bergers s’ils ont de quoi manger.

Pendant l’absence d’Amahl, la mère s’entretient à son tour avec les Rois, et remarque la myrrhe, l’encens et l’or qu’ils ont avec eux. Ces cadeaux sont pour qui? Connaît-elle l’enfant qu’ils cherchent (Have you seen a Child the colour of wheat, the colour of Gold? – Avez-vous vu un enfant, coulleur de blé, couleur d’or?). La conversation est interrompue par les chants de bergers qui s’approchent. Ils présentent une offrande de nourriture, et un petit numéro de danse. Les visiteurs, fatigués, remercient les bergers, et on se couche. Maman ne trouve pas sommeil: «tout cet or». Et qui est ce mystérieux enfant? Elle a un enfant, et il a faim. Elle décide donc de prendre un peu d’or. Alors qu’elle s’apprête à prendre une poignée de pièces, le page la surprend, et sonne l’alarme.

Amahl, outré, se porte à la défense de sa mère (Don’t you dare touch my mother – N’osez pas toucher à ma mère). Les Rois sont vite à réagir (You can keep the Gold – Vous pouvez garder cet or), car l’enfant qu’ils cherchent n’en a pas besoin. Il sera un grand Roi, et son Royaume accueillera qui le voudra. La mère, émue, explique qu’elle ne veut plus de cet or, et que si elle avait quelque chose à offrir à cet enfant, elle le ferait volontiers.

«Donnez-lui ma béquille», dit Amahl. «Qui sait, en aura-t-il besoin?»

J’arrête le synopsis ici, afin de ne pas révéler la fin miraculeuse de cet opéra.

La Bande Kinéscopique

Rappelons que le kinéscope était l’appareil utilisé par les télédiffuseurs pour «enregistrer» les émissions de télé avant l’avènement du magnétoscope. Un kinéscope, essentiellement, est une ciné-caméra qui filme un moniteur à faiseau cathodique. La NBC aura donc croqué la première de l’opéra avec cet appareil.

Pour plusieurs années, Amahl était l’objet d’une nouvelle production (toujours sous la direction de Menotti lui-même, avec des distributions différentes), en plus de faire usage de kinéscopes de performances antérieures. Avec les années, la NBC a mis fin à ses productions d’Amahl en direct, et il existe au moins deux prestations filmées, dont une (avec Teresa Stratas dans le rôle de la mère) est disponible commercialement.

Le kinéscope original a été égaré, et on le crut détruit, pour finalement faire surface dans une vidéothèque il y a quelques années. Nous sommes heureux d’avoir trouvé une version numérique de ce kinéscope sur YouTube, et vous le trouverez plus loin dans ce billet.

Je vous invite à lire l’article Three Kings in 50 Minutes – il offre un survol très détaillé de la genèse de l’opéra, sa création, et des évènement qui s’en suivirent.

Gian Carlo MENOTTI (1911-2007)
Amahl and the Night Visitors (1951)
Opéra en un acte, livret de Menotti)

Distribution (Mise en scène de Menotti)
Amahl: Chet Allen
The Mother (La mere): Rosemary Kuhlmann
King Kaspar (Gaspard): Andrew McKinley
King Melchior: David Aiken
King Balthazar: Leon Lishner
The Page: Francis Monachino

Choeurs et NBC Opera Orchestra sous Thomas Schippers




(Le clip inclut une introduction parlée par Menotti, suivi de l’opéra et du mot de la fin de la part du commanditaire. En complément de programme, une chorale – sans doute le Columbus Boys Choir de Princeton au New Jersey – chante des cantiques de Noël. Cette portion s’arrête abruptement – sans doute là où la bande kinéscopique prend fin).


Ce billet est également disponible sur notre nouveau portail L'Idée Fixe. Visitez http://ideefixe-musique.blogspot.com/

Tuesday, November 5, 2013

Dialogue des Carmélites (Poulenc)

Lire aussi : http://www.opera-lyon.com/spectacles/opera/fiche-opera/fichespectacle/dialogues-des-carmelites/ (avec vidéos intéressants)

Novembre est le « mois des morts » et aussi l’occasion de souligner le 50e anniversaire du décès de Francis Poulenc. En plus d’uin montage en fin de mois, j’ai programmé son opéra Dialogues des Carmélites comme opéra du mois de novembre.
Inspiré d’une nouvelle de Gertrud Von Le Fort (Die letzte am Schafott, trad. Lit. La Dernière à l'échafaud), l'opéra fut créé le 26 janvier 1957 à la Scala de Milan dans une version italienne de Flavio Testi. La première de la version française eut lieu à l'Opéra de Paris, le 21 juin de la même année.

L’opéra explore le drame entourant les carmélites de Compiègne, seize religieuses carmélites (cloîtrées) condamnées à mort en juillet 1794 par le Tribunal révolutionnaire pour motif de « fanatisme et de sédition ». Arrêtées et condamnées au plus fort de la Terreur, elles avaient, deux ans auparavant, fait le vœu de donner leur vie pour « apaiser la colère de Dieu et que cette divine paix que son cher Fils était venu apporter au monde fût rendue à l'Église et à l'État ». Leur mort paisible sur l'échafaud impressionnera les foules.
La protagoniste centrale (fictive) est Blanche de la Force. Blanche entre au carmel de Compiègne, comme pour se protéger dans le cocon du couvent. Mais sa peur continue de la hanter, et sa hantise de la mort est amplifiée par l’agonie terrible et misérable de la Prieure : pour ce modèle de foi pourtant, Dieu semble s’être retiré devant la peur de la mort et la souffrance.

Été 1794 : la Grande Terreur. Les carmélites ont été arrêtées, emprisonnées, jugées. Auparavant, le roi, la reine, Danton, Camille Desmoulins et des milliers d’autres ont été guillotinés, le marquis de la Force aussi, père de Blanche. C’est dans son hôtel particulier déserté que Blanche, ayant réussi à prendre la fuite, s’est réfugiée. Mais le 17 juillet, elle rejoint ses soeurs, chantant le Salve regina en montant à la guillotine. La dernière voix qu’on entendra sera la sienne...
On considère généralement Dialogues des carmélites comme un drame de la foi persécutée au temps de la Révolution française. Pour certains, le propos va plus loin et introduit un sentiment d’abandon, sinon de révolte pour ces sœurs délaissées face à la mort.

Compositeur et librettiste nous entraînent au cœur d’un drame de l’isolement où les certitudes se lézardent, où la mort de la Première Prieure n’est pas religieusement correcte. La violence déréglée du monde extérieur a déchiré le compromis qui justifiait leur isolement social. A quoi bon se retirer du monde quand il n’y a plus de monde à sauver ?

LA PERFORMANCE



La performance de l’opéra que j’ai retenue met en vedette la distribution originale de la création  Parisienne, sous le chef Pierre Dervaux. Il existe sans doute des perfoirmances plus modernes, mais celle-ci fut longtemps la référence pour cet opéra.

La performance offre aussi l’introduction du commentateur Sean Bianco.

Francis POULENC (1899–1963).
Dialogues des Carmélites, FP 159
Opéra en trois actes et douze tableaux., livret français tiré de la pièce de Georges Bernanos (avec l'autoristation de Emmet Lavery), d'après une nouvelle de Gertrud Von Le Fort et un scénario du RP Bruckberger et Philippe Agostini

DISTRIBUTION PRINCIPALE

Denise Duval (Blanche de la Force)
Régine Crespin (Mme Lidoine, la nouvelle prieure)
Liliane Berton (Soeur Constance)

Rita Gorr (Mère Marie)

Choeur et Orchestre du Théâtre National de l'Opéra de Paris
Pierre Dervaux, direction

 

Tuesday, October 1, 2013

Die Meistersinger von Nürnberg (Wagner)

In English: http://operalively.com/forums/showthread.php/1779-OTF-%96-Die-Meistersinger-von-N%FCrnberg

Le mois dernier,, nous avons considéré un opéra de Giuseppe Verdi, en raison du bi-centenaire de sa naissance en 2013. Un autre compositeur partage cet imposrtant jalon avec Verdi, et c'est Richard Wagner.

Wagner est un des compositeurs germaniques incontournables - il est sans doute également vénéré et détesté. Un compositeur génial, mais également un individu qui a ses défauts ce qui a tendance à teinter son oeuvre. 

On associe une chose avec l'oeuvre de Wagner - et c'est l'aspect gigantesque de ses opéras, leur longueur marathonienne et l'aspect mythologique qu'ils rendent sur scène. On n'a qu'à penser à la Tétralogie du Ring et son regard sur les déités et les mortels, un thème que Wagner exploite à satiété dans la plupart de ses opéras. 

Longs ces opéras, oui, mais il faut également dire "longs, mais sans longueurs". Wagner capte l'imagination, et tisse une tapisserie sonore envoûtante. Son usage de leitmotivs (qui influenceront tant de compositeurs, dont Franz Liszt) est probablement une de ses contributions les plus remarquables, et une stratégie utilisée non seulement à l'opéra, mais pour les musiques de film allant de Korngold à John Williams.


Ce billet étnt destiné autant qux opéraphiles aguerris qu'aux nouveaux initiés, le choix d'un opéra Wagnérien pour le billet d'aujourd'hui a exigé mûre réflexion. Je voilais choisir (en termes relatifs) quelque chose de léger, et quelque chose qui exige un peu moins d'investissement intellectuel, et j'ai donc misé sur Les maîtres-chanteurs de Nuremberg - son seul opéra comique (versus dramatique), sis à un endroit et une époque bien définis (donc, pas d'artifices mythologiques). Wagner, comme c'est généralement le cas, compose et la muisique, et le livret.


Justement car plutôt accessible, Die Meistersinger a connu sa cote d'amour avec le public dès sa création en 1868. Fait à noter, Wagner utilise certains stéréotypes dans le développement de ses personnages, et le stéréotype "juif" présenté ici n'est pas forcémanr flatteur. Je vous laisse cette observation à titre d'avertissement...


LA PERFORMANCE

Notre performance d'aujourd'hui serait bien en place dans le cadre de Jadis sur Internet, ayant été téléchargée depuis le site vétuste Public Domain Classic. Il s'agît de la première version "intégrale" de l'opéra disponible sur disque, datant des années 1950.

Dans l'ensemble, la qualité sonore de l'enregistrement (avec retapage numérique, je présume) est dans l'ensemble fort acceptable - hormis quelques moments de prise de son discutables et des coupures en salle de montage (par exemple, à la toute fin du prélude au premier acte). Le chef,  Hans Knappertsbusch (1888 –1965) est un bon exemple d'un chef autoritaire d'une certaine génération, mais sa direction fluide et sa vision globale respectent les intentions du compoositeur, et les chanteurs sont excellents.


Richard WAGNER (1813-1883)
Die Meistersinger von Nürnberg, WWV 96
opera en trois actes, livret en Allemand du compositeur

DISTRIBUTION PRINCIPALE
Sachs - Paul Schöffler
Walter - Günther Treptow
Beckmesser - Karl Dönch
David - Anton Dermota
Eva - Hilde Gueden
Magdalena - Else Schürhoff 

Wiener Philharmoniker et  choeurs du Wiener Staatsoper sous Hans Knappertsbusch
Studio - Janvier 1951

Argument - http://fr.wikipedia.org/wiki/Die_Meistersinger_von_N%C3%BCrnberg#Argument
Livret - http://www.rwagner.net/libretti/meis...-meisters.html

Tuesday, September 3, 2013

Aïda (Verdi)


“S” pour “Septembre” fait place aujourd’hui à “V” pour “Verdi”, avec un opera du mois qui commémore le bicentenaire de la naissance du compositeur Italien.

Il n’est pas exagéré de dire que Giuseppe Verdi est à l’opéra Italien ce que Beethoven fut pour la symphonie Germanique – un incontournable certes, mais d’abord et avant tourt un innovateur, qui amènera le genre du Bel Canto du milieu du XIXe siècle au grands spectacles qui marquent la fin de l’ère romantique, précurseur direct de Puccini mais également un égal à Wagner.

Le palmarès opératique de Verdi est éloquent, et c’est peu dire! Trente-sept opéras (si on compte les publications de traducrions menées par le compositeur), la plupart d’entre eux sont du répertoire des grandes maisons d’opéra : La Traviata, Otello, Il Trovatore, et j’en passe!

L’opéra retenu aujourd’hui, Aïda, a la distinction d’avoir été commandé par le khédive égyptien, Ismaïl Pacha, pour les fêtes d'inauguration du canal de Suez. Il fut monté en première au nouvel opéra du Caire construit pour l'occasion. On écrira que Verdi et son librettiste, Antonio Ghislanzoni, ont erré vers le spectaculaire, évitant les formules prévisibles si l’occasion le permettait. En dépit de la grande scène festive (et de sa marche triomphale) avec sa mise en scène « bœuf », l’ensemble de l’opéra est surprenamment intime, laissant souvent un ou deux chanteurs seuls sur scène afin de livrer les grands arias.

Suite à Aïda, Verdi entamera une semi-retraite, et composera son fameux Requiem et son quatuor à cordes avant de revenir à l’opéra pour un triptyque final – Don Carlo, Otello et Falstaff -  histoire de ponctuer l’opéra romantique de trois derniers chefs-d’œuvre.


Les productions de Verdi n’ont pas toujours connu le succès public – La Traviata, par exemple, ne gagnera la cote d’amour qu’on lui connaît qu’après une série de revisions causées par une production initiale fort critiquée – et une meilleure distribution.

Alors donc, passons à notre sélection du mois.


La performance primée aujourd'hui date de 1952 (donc, enregistrement MONO, retapage numérique) et propose dans les premiers rôles des chanteurs au sommet de leur forme: Mario del Monaco et Renata Tebaldi. Ce couple endisquera de nombreux opéras italiens ensemble, et la critique contemporaine de cet emnregistrement fut fort élogieuse en leur endroit.

A la direction musicale, on retrouve Alberto Erede, un chef de la "vieille école qui tire le maximum de l'académie de Santa Cecilia et la scène du deuxième acte qui est sanbs doute la plus célèbre de cette oeuvre vous laissera bouche-bée - en dépit des limites technologiques.

Bonne écoute!


Giuseppe VERDI (1813-1901)
Aida (1871) 
Opéra en quatre actes, livret italien de Antonio Ghislanzoni,


Distributin:
Aida, Renata Tebaldi
Amneris, Ebe Stignani
Radames, Mario del Monaco
Amonasro, Aldo Protti
Ramfis, Dario Caselli
Choeurs et orchestre de l'Accademia Nazionale di Santa Cecilia
Alberto Erede, direction
Enregistrement de studio: 1952

Argument: http://www.antiochus.org/article-18166236.html
Livret: http://opera.stanford.edu/Verdi/Aida/libretto_ie.html

Tuesday, August 6, 2013

Le nozze di Figaro (Mozart)

In English : http://operalively.com/forums/showthread.php/1235-Otf-Le-Nozze-di-Figaro?p=18831#post18831

Après le Barbier de Séville, je propose pour notre opéra du mois le deuxième volet de la trilogie Figaro de Beaumarchais, Le Mariage de Figaro.

Cet opéra-bouffe en quatre actes de Mozart fut composé trenmte ans avant l’opéra de Rossini et a la distrinction d’avoir été composé en italien plutôt qu’en allemand, et a dû contourner certains éléments de la pièce originale jugés inacceptabl;es par la cour impériale.

Le Mariage reptrouve les mêmes personnages (Rosina, Almaviva et Figaro) du Barbier, mais cette fois plusieurs années se sont écoulées. L’intrigue prend place lors d’une « folle journée » chez le Comte et son épouse. Almaviva n’est plus le jeune romantique, mais est maintenant pluttôt un coureur de jupons, plein de manigances, dont celle de conquérir Susanna, la fiancée de Figaro (maintenant au service du comte). La comtesse et Susanna, qui réalisent ce qui se passe, conspirent afin de remettre le comte à sa place. Suite aux péripéties et aux moultes revirements, le comte et la comtesse retrouvent l’amour de leur jeunesse, et tout rentre dans l’ordre.

Mozart et le librettiste Lorenzo Da Ponte collaboreront sur trois projets: le mariage fut le premier, suivi de Don Giovanni et Così fan tutte). La pièce de Beaumarchais fut le choix de Mozart, qui suggéra le projet à Da Ponte qui transforma la pièce enb livret opératique en quelques semaines. En plus de ctréer un livret en vers itakliens, il dut addresser les points plus contentieux de la pièce ayant à faire avec la nobilité et son ouverture à la sexualité et ses mœurs libertines afin d’appaiser la censure impériale.


La performance



Le chef pour notre opéra aujourd’hui, Hans Rosbaud, a la distinction d’avoir été le premier chef Allemand invité à diriger en France après l’occupation et la Deuxième Guerre Mondiale. C’est en tant que chef de l’orchestre de la radiodiffusion du Sud de l’Allemagne (Baden-Baden) qu’on connaît M. Rosbaud, qui entra en place à Baden en 1948 et gardera ce poste jusqu’à son décès. En plus de cette responsabilité, M. Rosbaud aide à établir le festival d’Aix-en-Provence, auquel il participe annuellement entre 1948 et 1959. Spécialiste de la musique de la deuxième école Viennoise et de la musique des grands compositeuirs néo-classiques, son décès prématuré en 1962 l’a prévenu d’entrer en place à Chicago afin de succéder à Fritz Reiner.


Wolfgang Amadeus MOZART (1756-1791)

Le nozze di Figaro, ossia la folle giornata, K. 492
Opéra-bouffe en quatre actes, livret italien de Lorenzo da Ponte inspiré de la comédie de Beaumarchais, Le Mariage de Figaro.

DISTRIBUTION

Theresa Stich-Randall (La Contessa di Almaviva)
Rita Streich (Susanna)
Pilar Lorengar (Cherubino)
Heinz Rehfuss (Il Conte di Almaviva)
Rolando Panerai (Figaro)
Christiane Gayraud (Marcellina)
Marcello Cortis (Bartolo)
André Vessières (Antonio)
Madeleine Ignal (Barbarina)
Hughes Cuénod (Don Basilio)
Gérard Friedmann (Don Curzio)
Chorale Elisabeth Brasseur
Orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire
Hans Rosbaud, direction
(Enregistrement public, Aix-en-Provence, 
1955)

Tuesday, July 2, 2013

Il barbiere di Siviglia (Rossini)

In English: http://operalively.com/forums/showthread.php/1736-OTF-Il-barbiere-di-Siviglia

Juillet et août dans nos pages sont dédiés à nos séries estivales. Comme l'an dernier, notre série de musique de chambre est présentée en entier sur MQCD Musique Clasique (commençânt aujourd'hui - lire "Blogue à part" plus loin) et les blogs du vendredi parlent voyage et - spécialement pour 2013 - un regard sur l'intégrale des symphonies et concerti pour piano de Rachmaninov, amrquant un double-annniversaire .

Ainsi donc, une programmation plus relax, et les choix opétratiques pour cet été sont dans la même veine. En fait, je vouis propose deux opéras qui mettent en vedette le Comte Almaviva et Figaro, suivant l'ordre proposé par Beaumarchais, non pas l'ordre de composition!

On parle bien sûr du Barboier de Séville et du Mariage de Figaro.

Afin de briser la glace, un rappel de circonstyances: cet hilarant dessin animé signé Chuck Jones et Michael Maltese (remarquez lesurs noms, à l'italienne, sur la marquise du théâtre en lever de rideau...


Notre opéra du mois de juillet propose le premier des opéras de la soi-disant trilogie Figaro (la troisième pièce, la Mère Coupable, sera montée en opéra également, on en reparlera le mois prochain), sous la plume de Gioacchino Rossini - d'autres compositeurs tenteront de mettre le Barbier en musique (Nicolas Isouard (1796) et Francesco Morlacchi (1816)) mais la version Rossini est sans contredit la plus durable. Rossini, reconnu pour sn efficascité, composera l'opéra (usant de musiques composées pour d'autres fins) en trois semaines.

L'intrigue imaginée par Beaumarchais est suivie assez fidèlement par Rossini et son librettiste,
Cesare Sterbini, une comédie dans la tradition Italienne de la Commedia dell'arte, assortie de persoinnages stéréotypiques.


Ainsi, l'argument suit les aventuires d'un comte Espagnol (Almaviva), qui s'est épris de la jolie Rosine (Rosina chez Rossini). Afin de s'assurer que la jeune fille l'aime par amour et non  pour sa fortune, le comte adopte un déguisement et se prétend un pauvre étudiant (Lindor, ou Lindoro), et essaie de la séduire. Toutefois, son parrain protecteuir, le docteur Bartholo, veille au grain. Il la garde enfermée chez lui et entend l'épouser lui-même.

Par chance, le comte fait la rencontre fortuite d'un ancien domestique, Figaro, qui est aujourd'hui le barbier local et a accès à la demeure de Bartholo. Après promesse d'argent pour son concours, Figaro accepte d'aider son vieil employeur. 

Après maintes péripéties, les amloureux finissent par s'épouser.

La Performance
J'ai fait l'acquisition il ya quelques semaines d'une ré=édotoon des années '50 de cet opéra, étiquette EMI, un des premier enregistrements de Maria Callas. Cette même performance est disponible en ligne dans la Bibli Musicale du site MQCD Musique Classique.



Gioacchino ROSSINI (1792 - 1868)
Il barbiere di Siviglia, ossia L'inutile precauzione (1816)
(Le Barbier de Séville ou La Précaution Inutile)
Opéera ien deux actes, livret italien de Cesare Sterbini après Pierre Augustin Caron de Beaumarchais 

DISTRIBUTION


Maria Callas (Rosina)
Luigi Alva (Conte di Almaviva)
Tito Gobbi (Figaro)
Choeurs et Orchestre Philharmonia sous Alceo Galliera 
(Kingsway Hall, London, 1957)

Opera URL - http://www.mqcd-musique-classique.co...ead.php?t=5275
Argument– http://www.operaderouen.fr/fic_bdd/medias_pdfs_fichier/argumentbarbier_12629516410.pdf
Livret italien– http://opera.stanford.edu/iu/libretti/barbiere.html


Blogue à Part - Le premier volet de notre série de musique de chambre est ma sélection souvenir pour juillet, une reprise de notre baladodiffusion "Le Musée (Version piano)". A lire et entendre sur MQCD Musique Classique.

Tuesday, June 4, 2013

Fidelio (Beethoven)

Notre opéra du mois pour juin est l’unique opéra de Beethoven, Fidelio. On peut trouver beaucoup d’information sur la toile à propos de ce chef-d’œuvre : comment le sujet résonne avec Beethoven, les nombreuses revisions. On peut associer Fidelio avec le trio d’œuvres composées par Beethoven qui commencent avec de « E » : Egmont, Eroica et le concerto Empereur, qui partagent avec Fidelio l’idéal commun de la justice et de l’héroïsme (URL).  Il existe au moins deux versions de cet opéra : Leonore (op.72a) et Fidelio (op. 72b) – il y a même un quatuor d’ouvertures composées pour l’oeuvre. Voici, d’ailleurs, un potpourri de ces ouvertures, dirigées par Otto Klemperer et l’orchestre Philharmoinia :


A propos de l’enregistrement

Le producteur Anglais Walter Legge (1906 –1979) commence une
carrière dans l’inductrie du disque en 1927, et sera étroitement associé avec le Covent Garden, Beecham et l’étiquette EMI. Après la Deuxième Guerre Mondiale, Legge formera l’orchestre Philharmonia qui sera, à ses débuts, étroitement lié à Karajan. Lorsque ce dernier entreprend de plus en plus de projets avec la Philharmonique de Berlin, Legg le remplacera par Klemperer, un chef qui a connu ses débuts sous Mahler et Walter, mais connaîtra des années bien difficiles en Amérique.
Durant les années ’50 et les débuts de la stéréophonie, le Philharmonia gagnera une réputation comparable aux grands orchestres du monde, et fut sûrement l’un des meilleurs orchestres en Grande-Bretagne.En 1964, Legge met fin aux opérations de l’orchestre, qui ressucite sous Klemperer de nouveau sous la bannière du New Philharmonia.
Parmi les grandes realizations Legge/Klemperer/Philharmonia, on compte cet enregistrement de Fidelio avec Christa Ludwig dans le rôle de Leonore et le ténor Canadien Jon Vickers dans la peau de son époux, Florestan.

L’hyperlien ci-dessous inclut l’introduction parlée du commentateur Sean Bianco (en anglais).
 
Ludwig van BEETHOVEN (1770-1827)
Fidelio, opera en deux actes, op. 72b
Livret (allemande) de Joseph von Sonnleithner et Georg Friedrich Treitschke d’après  Léonore ou l’amour conjugal de Jean-Nicolas Bouilly
DISTRIBUTION PRINCIPALE
Christa Ludwig, Fidelio/Leonore
Jon Vickers, Florestan
Walter Berry, Pizarro
Ingeborg Hallstein, Marzelline
Gottlob Frick, Rocco
Philharmonia Chorus and Orchestra
Otto Klemperer, direction
(Enregistrement de studio, 1962)

Tuesday, May 7, 2013

Filumena (Estacio)



Notre opéra du mois pour mai souligne une paire d’événements qui s'y rattachent : le dizième anniversaire de sa création et le 90e anniversaire du fait divers qui représente le dénouement de l’opéra.

Le fait divers est, il faut le souligner, une importante source d’inspiration piur l’Art Dramatique en général – que ce soit des situations historiques ou des situations contemporaines. La production plus tôt cette année de l’Opéra de Montréal de Dead Man Walking de Jake Heggie est un fort bel exemple d’un fait divers qui anime un opé.ra.

Dead Man Walking a ceci en commun avec l’opéra d’aujourd’hui: le fait divers tourne autour d’une exécution. Chez Heggie, on relate les derniers jours d’un coindamné à mort. Chez John Estacio, on se permet plutôt d’explorer les personages et les événements du délit qui nous amènent au pénitencier et, ultimement, à l’échafaud.

Qui est Florence Lassandro?



En 1917, la Gendarmerie Royalke du Canada (communément appelée la « Police Montée ») quitte la province Canadienne de l’Alberta (où elle a un mandat de police rurale) afin de concentrer ses effectifs pour des fins de sécurité nationale en raison de la Première Guerre Mondiale. Le gouvernement de l’Alberta crée alors une police provinciale (qui existera jusqu’en 1932) afin d’assurer l’ordre hors des grands centres urbains de Calgary et Edmonton.

Les 15 ans d’existence de l’APP chevauchent une période discutable de ands l’histoire de la province – la prohibition de la vente et consommation d’alcool. Cette mesure, en place aux USA durant cette période, n’est pas instaurée dans la province voisine – la Colombie-Britannique – donc il y a un commerce illicite (ce qu’on appelle aujourd’gui le bootleg).

On peut imaginer que le bootlegging est un commerce fort lucratif, et que certains individus seront prêts à faire fi des lois, et s’engager dans ce commerce. L’un d'eux est un entrepreneur et échevin local, Emilio Picariello, qui s’adjoindra d’un aubergiste local et de sa jeune épouse, Florence Lassandro.

Le trafic d’alcool est « une affaire de famille » chez les Picariellos, et le fils ainé Steven fait des visites régulières outre la frontière provinciale, traversant le Crowsnest Pass , un passage au travers des Rocheuses juste au Nord de la frontière Américaine. Lors d’une course frontalière, il sera intercepté par l’APP La suite des évènements est floue, mais il est clair que Florence et Emilio visiteront les baraques de l’APP à la ville de Coleman, et ils abatteront le constable Stephen Lawson le 21 septembre, 1922. Lassandro et Picariello seront arrêtés, jugés et reconus coupables du meurtre d’un policier, un crime capital au Canada. Ils seront pendus au pénitentier de Fort Saskatchewan le 2 mai, 1923.

Florence Lassandro est la seule femme pendue en Alberta.


Argument de Filumena

En Anglais: http://filumena.johnestacio.com/synopsis.asp

Filumena se veut l’aventure d’une adolescente Italienne, nouvellement immigrée au Canada, Florence (Filumena) Lassandro. Elle est promise et mariée peu après à un aubergiste qui est passablement plus âgé qu’elle.

L’auberge opérée par Florence et son mari est situé près de la municipalité de Lethbridge, qui se trouve tout près du Crowsnest Pass, à une heure d’automobile de la frontière provinciale avec la Colombie-Britannique.

Fait à noter: un des partenaires du mari de Florence est un autre Italo-Canadien Emilio Picariello, qui s’engage dans le trafic illicite de whiskey en Alberta.

Emilio convainc Florenbce (qui préfère soin nom Italien de Filumena au nom canadienisé donné par sa famille) de participer au commerce. Il lui propose d’accompagner son fils Steven lors de randonnées outre-frontière, afin d’esquiver la police. « On ne soupçonnerait jamais un couple de jeunes mariés » suggère-t-il.

La table est mise: on ne peut qu’imaginer comment Filumena s’éprend du jeune Steven. Bien sûr, le mari n’est pas dupe, et il révèle l’entreprise è la police, qui cernera Steven lors d’une course qu’il fera seul. IL y a des coups de feu, et on ne peut que conclure que Steven a été tué.

Spontanément, Emilio et Florence se rendent au domicile d’un des agents qu’ils croient responsable, et l’abattent. On apprend sur le fait que Steven est blessé, mais vivant, mais il est trop tard. Les meurtriers sont cernés et on se prépare à les juger.

Lors d’une visite de Steven au pénitencier, il implore Florence de prendre entière responsabilité pour le meurtre: car elle est une femme, elle sera épargnée de la peine de mort – tandis qu’Emilio sera sûrement pendu. Florence refuse, et les deux condamnés seront pendus.

Création et réception

Après une série d’ateliers où compositeur, librettiste et chanteurs ont collaboré à l’élaboration de l’oeuvre, c’est Bramwell Tovey, qui dirigera la grande première au Southern Alberta Jubilee Auditorium de Calgary le  1er février 2003.

L’opéra séduira la critique, mais non sans semer la controverse. Le livret présente un portrait plutôt sympathique de Filumena, et non le portrait d’une meurtrière et bootlegger. Les survivants de la famille du constable Lawson (et beaucoup de résidents de la région) considèrent outrageux qu’on suggère que Filumena étit une victime de ses circonstances.

La Prestation

La porestation retenue est la partie sonore de la télédiffusion par la CBC/Radio-Canada d’une production de l’Edmonton Opera.

John ESCATCIO (*1966)
Filumena (2001-03)
Opera et 2 actes et 5 scènes
(Livret en anglais: John Murrell)

DISTRIBUTION PRINCIPALE
Filumena, Laura Whalen
Emilio, Gaétan Laperrière
Steve, David Pomeroy

Edmonton Opera Chorus

Edmonton Symphony Orchestra
Robert Dean, direction

 


Tuesday, April 2, 2013

Mignon (Thomas)

In English: http://operalively.com/forums/showthread.php/974-OTF-Mignon-by-Ambroise-Thomas?p=13278#post13278

Le chef Montréalais Yannick Nézet-Séguin dirige une autre production au MET de New York cette année (La Traviata), une troisième visite pour lui (après Carmen et Faust).

Comme je le soulignais dans un billet en décembre 2011, YNS fait partie d’une longue tradition  d’artistes de la métropole qui ont œuvré au célébrissime panthéon opératique New-Yorkais, et le choix pour mon opéra du mois souligne une telle collaboration, et un opéra qui a une place spéciale chez l’artisan en cause.

Pendant près de 65 ans, le théâtre Her Majesty's fut le rendez-vous des mélomanes Montréalais (oserais-je le dire) anglophones  - le Monument National (encore en place aujourd’hui) sera son pendant francophone. Érigé entre 1897 et 1898 pendant le règne de la Reine Victoria (d’où provient sans doute son nom), le vieux théâtre (démoli en 1963 pour faire place à des édifices universitaires) présentera les grands noms de la grande musique, des États-Unis et d’ailleurs: Marian Anderson, Ferruccio Busoni, Walter Gieseking, Sergei Rachmaninoff, Paul Robeson...  Au début du XXe siècle, on y donnera une performance de l’opéra Mignon d’Ambroise Thomas et, comme il le racontera plusieurs décennies plus tard en conversation avec Radio-Canada, un jeune Wilfrid Pelletier quittera la salle avec une nouvelle ambition : celle de recevoir une formation outre-frontières afin de participer à des spectacles de musique de grand calibre.



Longtemps chef en résidence au MET, la carrière de Pelletier fait la fierté des Québécois de sa génération, et les institutions avec lesquelles on associe le musicien peuvent toutes trouver leur point de départ avec Pelletier, et cette performance dans un théâtre de l’ouest de la métropole autour de 1910: le réseau de conservatoires, l’Orchestre Symphonique de Montréal, les festivals de musique, la Place des Arts et l’essor de la musique classique au Québec et sa grande accessibilité – même le succès de l’étiquette locale Analekta qui fête cette année ses 25 ans.

A propos de l’opéra

Ambroise Thomas est un compositeur et pédagogue Français, contemporain de Massenet, Gounod et Bizet. Il sera le directeur du prestigieux Conservatoire de Paris pendant 25 ans (de 1871 jusqu’à sa mort en 1896).

La fiche de Thomas comme compositeur est plutôt modeste quand on la compare avec celle du trio de compositeurs cités ci-haut. Il laisse une vingtaine d’opéras dont Raymond (1851), Hamlet (1868) et notre sélection, Mignon (1866).

Le livret de Mignon s’inspire du roman de Goethe Les Années d'apprentissage de Wilhelm Meister. La première eût lieu à l’Opéra-comique de Paris le 17 novembre 1866. On produira Mignon plus d’une centaine de fois peu après la première, faisant de l’opéra l’un des plus populaires du répertoire français, rivalisant la popularité de Carmen et Faust à la fin du XIXe siècle. Toutefois, on monte Mignon rarement depuis les derniers 75 ans.

L’hyperlien ci-dessous offre une excellente introduction à cet opéra, en plus de l’argument :
http://www.opera-comique.com/wp-content/uploads/2012/07/MIGNON-A-lire-avant.pdf

La Performance

Il existe en Amérique du Nord une longue tradition radiophonique: la présentation en direct des matinées du samedi après-midi au MET. Les radiodiffuseurs et commanditaires qui se sont succédés au cours du dernier siècle ont gardé plusieurs de ces enregistrements-témoin, qui ont eu droit à un traitement de rafraîchissement numérique. Parfois, la qualité sonore et surtout la qualité de l’ingénierie (emplacement des micros, etc.) trahissent l’âge de ces prestations, mais l’oreille s’adapte à ces genres de choses et généralement on sort satisfaits de cette écoute. Donc, cette mise en garde s’applique tout à fait à cet enregistrement.

Comme ce fut le cas pour Gianni Schicchi le mois dernier, je vous propose le commentaire de l’animateur Sean Bianco en guise d’introduction à chaque acte, qui vous propose l’argument et la distribution en anglais.
Ambroise THOMAS (1811–1896)
Mignon (1866, rev. 1870), opéra comique en trois actes
Livret de Jules Barbier et Michel Carré, après Johann Wolfgang von Goethe

DISTRIBUTION PRINCIPALE

Rise Stevens (Mignon)
Mimi Benzell (Philine)
James Melton (Wilhelm Meister)
Ezio Pinza (Lothario)
Donald Dame (Laerte)
Lucielle Browning (Frédéric)
Metropolitan Opera Chorus and Orchestra sous Wilfred Pelletier
(Radiodiffusion du 27 janvier 1945)